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1001 vins.net
Site sur le vin par un passionné québécois
Voici mon site consacré au vin. Mon but est de partager avec vous mes découvertes et mes expériences. Je suis un amateur qui souhaite rendre ce monde, parfois compliqué et intimidant, accessible à tous. Bonne visite !Voici mon site consacré au vin. Mon but est de partager avec vous mes découvertes et mes expériences. Je suis un amateur qui souhaite rendre ce monde, parfois compliqué et intimidant, accessible à tous. Bonne visite !
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- DOMAINE BODILLARD, MORGON
:
Je connais la famille Bodillard depuis 3 ans et j?ai maintenant la chance de vendre leurs vins au Québec. Quel bonheur ! Ils sont méconnus et c?est dommage. Je vous laisse faire la visite du domaine en compagnie de Renaud. J?avais écris un texte sur le domaine en 2009. Voici maintenant une vidéo tournée en avril 2011. Bon visionnement ! - CHRISTOPHE CURTAT: L'interview :
Lors de mon voyage en France en avril avec l?équipe de Syl-Vins, nous sommes arrêté chez Christophe Curtat, producteur dans l?aire d?appellation Saint-Joseph ( Rhône ). J?en ai profité pour filmer un peu. Voici le résultat. - LE DOURO: À DONNER LE VERTIGE :
Il y avait longtemps que je voulais visiter ce vignoble. Voilà, c?est fait. Quel voyage !!! Pour l?occasion, mon ami Luc Bettoni des Eminades de Saint-Chinian, est venu me joindre. Nous avons loué une voiture et nous sommes partis à l?aventure... suite - MOIS DE JUIN UN PEU FOU :
Juin est, pour moi, le retour à Lyon. Ma saison d?Europe commence et je retourne au «chalet». Pour ceux qui ne savent pas, je suis agent de bord ( steward ) pour un charter canadien depuis 15 ans. Cette période coïncide également avec mon anniversaire que j?ai la chance de fêter avec mes amis de Lyon. Cet événement, combiné à l?engouement du début de saison, résulte toujours en un mois de juin un peu fou... et difficile pour le foie ! Cette année n?y a pas échappé.
Le mois a débuté par cette soirée d?anniversaire un peu folle chez mes amis du Layon et du Georges Five qui s?est terminée aux petites heures du matin. Pour l?occasion, mon ami Renaud Bodillard de Morgon, est venu me rejoindre. Voici en rafale, encore une fois de mémoire car les notes ne sont pas mon fort. Surtout à 2h du mat.
Commençons par démolir quelques aprioris: MORGON CHAUVET 1966 et BROUILLY G. DESCOMBES 1990. Ceux qui lisent mon blogue commencent à comprendre que le Beaujolais peut vieillir !!! Deux preuves ici. Le Morgon de Chauvet, quoiqu?un peu fatigué, se buvait encore très bien. À voir la qualité du bouchon, il est surprenant que ce vin ait tenu la route. Mais ce qui rend cette bouteille spéciale, c?est probablement sa rareté. Ces vins n?étaient pas faits pour la garde, donc la plupart ont probablement été bus depuis très longtemps. Jules Chauvet fut un personnage marquant dans l?histoire du vin. Voici sa petite histoire
Le Brouilly de Descombes était une pure merveille. Le nez était épanoui, hyper aromatique et il pinotait joyeusement. La bouche était soyeuse et encore d?une grande fraîcheur. Long, très long. Super équilibré. Ce vin, qui devait se vendre, à l?époque, moins de 10?, écrase la plupart des grands Bourgogne que j?ai bus. Grande leçon.
Les porto vintage vieillissent très bien. Ce COCKBURN?S 1963 est un bon exemple. Dans un style assez puissant, il est complètement fondu, l?alcool est à peine perceptible. Encore frais comme une rose, il pourrait vieillir encore plusieurs années. Je ne bois presque plus de porto. Trop d?alcool. Par contre, quand ils ont vieilli, c?est sublime !!! Mais bon, c?est long 50 ans.
Restons dans le porto avec ce HARTMANN 1872. En fait, pas de millésime sur la bouteille mais il est inscrit sur la caisse de bois qui contient les bouteilles. Est-ce vraiment le bon millésime ? Il est évident que ce vin est beaucoup plus vieux que le précédent. Ici, c?est un autre monde ! Plus translucide, il avait un nez magnifique, évolué mais aucunement fatigué. J?aurais passé la soirée à le sentir. La bouche était tout en finesse. Envoûtant ! L?alcool avait entièrement disparu. Grand moment d?émotion.
Quelques blancs ? Voilà trois belles bouteilles, bues le midi, avec notre ami Frank des Caves Malléval de Lyon. LES PERRIÈRES GUILLOT-BROUX 2008, VOUGEOT CLOS DU PRIEURÉ DOMAINE DE LA VOUGERAIE 2007 et GRANGE DES PÈRES BLANC 2007. La première est un de mes blancs préférés. Du mâconnais de haute voltige. À l?aveugle, c?est Meursault 1er Cru ? Puligny-Montrachet ? Déjà très beau, ce vin sera magnifique dans 5 ans ! Précis, minéral, à la fois tendu et gras, très long.
Les deux dernières bouteilles sont, en quelque sorte, des raretés. Ce n?est pas tous les jours que l?on boit du Vougeot blanc, la même chose pour le Grange des Pères, les deux sont plus connus pour les rouges. Le Vougeot, ouvert la veille, se goûtait très bien. Plus charmeur que Les Perrières, il était élégant et bien équilibré. Beaucoup de finesse. Excellent. À mon avis, le Guillot-Broux est supérieur et ira plus loin. En plus, il est 15? moins cher.
La Grange des Pères fut servie à l?aveugle. Au nez, je croyais être encore en Bourgogne. La bouche nous a fait descendre en latitude. Le Languedoc s?imposait. Beaucoup de matière mais sans lourdeur. Très complexe. Un vin fascinant que j?aurais aimé regoûter le lendemain pour en voir l?évolution. Nous avons trouvé le domaine mais avec beaucoup de déductions et un peu de chance. Ce vin était sur une courte liste de vins que je voulais goûter au moins une fois. Check ! Aux dires de Franck, ce millésime est atypique, ce vin serait normalement plus fin. Je vais devoir goûter de nouveau... Les cépages: roussanne, chardonnay, marsanne, gros manseng. Deux ans d?élevage en demi-muid.
Voici le reste des bouteilles bues. Mention très honorable au TERRES DES CHARDONS MARGINAL 2009, Costières de Nîmes et au DUTRAIVE FLEURIE TERROIR CHAMPAGNE V.V 2009. Deux canons à boire sans réserve. Les deux gagneront à attendre quelques années, spécialement le Fleurie qui vivra très longtemps. Si vous êtes des fans de Sierra du Sud de Gramenon, vous allez adorer le Terres des Chardons. À 10?, on achète à la caisse.
Encore une fois merci aux amis du Georges Five de Lyon. Ils célèbrent, ce week-end, le 10e anniversaire de leur boutique Antic Wine. Une grande fête de deux jours est organisée. Je ne pourrai y être. Je verserai quelques larmes car ce sera grandiose. Santé et longue vie à Antic Wine !!! - VENDREDIS DU VIN: LES ANNÉES 2000 ET AVANT :
En l'honneur du président de ce mois, un vin de la Vallée de la Loire. La bouteille ? Chinon, Clos de la Dioterie 1997 de Charles Joguet. En 1997, j'étais à mes débuts chez Air Transat, j'avais 24 ans et je ne buvais pas de vin ! Je me suis rattrapé depuis...
Il est toujours difficile de savoir comment un vin va vieillir. Comme j?ai acheté cette bouteille l?année dernière, je n?avais aucune idée dans quel état elle avait été conservée. Je suis toujours un peu nerveux lorsque j?ouvre ce genre de bouteille.
Heureusement, celle-ci était dans une forme splendide. Le vin était réduit à l?ouverture, j?ai l?ai décanté pour le séparer de ses dépôts. Après une heure, il nous a montré sa vraie personnalité !!!
Il avait complètement changé. Les arômes très viandés du départ ont laissé place aux fraises à la menthe poivrée, soutenue par une note de créosote et de truffe. La bouche était tout en finesse et très équilibrée. Quelle longueur. Seule la couleur trahissait vraiment son âge.
Servie à l?aveugle, cette bouteille a donné beaucoup de fil à retorde à mes invités. J?avoue que ce n?était pas facile. Impossible de détecter le cabernet franc.
Ce vin suivait un gevrey-chambertin et je dois dire qu?il y avait de grandes similitudes.
Combien de fois avons nous été déçus par des bouteilles au triple du prix qui n?avaient pas aussi bien vieillies. Le cabernet franc est un super cépage mal aimé, au même titre que le gamay. Une autre grande leçon du vin.
Si vous avez cette bouteille en cave, c?est le moment de la boire.
Ce Chinon était une des bouteilles de mon repas d?anniversaire. Voici les autres: - À L?HEURE MÉDOCAINE :
C?est lors d?une escale de quelques jours à Bordeaux, que François et moi avons eu la chance de rendre visite à Corinne et Jean-Michel Comme du Château Champs des Treilles... à Pauillac. Bizarre me direz-vous. En effet, si vous connaissez le domaine, vous savez qu?il est situé sur l?autre rive et beaucoup plus au sud.
Cependant, ce que vous ne savez peut-être pas, c?est que ce couple mène une double vie car Jean-Michel est régisseur de Pontet-Canet, grand cru classé de Pauillac. Comme François tenait à visiter Pontet-Canet, c?est à Pauillac que le rendez-vous fut donné. Corinne nous attendait à la gare avec un élément essentiel de sa personnalité en moins: sa voix !!! Ce n?est pas ça qui l?a arrêté. C?est en murmurant qu?elle nous a tenue compagnie et fait visiter la région.
Nous avons donc passé une partie de l?après-midi à visiter Pontet-Canet. Ce domaine est le premier et le seul grand cru classé de la région à s?être converti à l?agriculture biologique et biodynamique. Moi qui ai l?habitude de visiter des petits domaines, je suis impressionné de voir les moyens mis à leur disposition. Comme le montre la photo, ils ont décidé ,il y a quelques années, de ramener lentement les chevaux dans les vignes. Pas simple comme tâche ! Premièrement, il faut penser à l?équipement. Plus personne ne veut passer 10h derrière un cheval à tenir une charrue. Alors Jean-Michel a conçu du matériel adapté au conditions de travail d?aujourd?hui.
Autre défi de taille: le logement et les habitudes de travail. Ironiquement, Pontet-Canet venait de détruire les écuries de l?époque ! Donc, ils ont dû reconstruire. De plus, on ne travaille pas avec un cheval comme avec un tracteur. Un cheval a besoin de préparation le matin, il ne suffit pas de mettre une clé dans le démarreur. Jusqu?à maintenant l?implantation se passe bien. Près de 30 ha sur les 80 du domaine sont travaillés avec les chevaux.
Lors de ma première visite, j?avais eu la chance d?être guidé par Jean-Michel. Cette fois-ci la visite fut réalisée par Corinne et Violaine , guide au château. Corinne nous fit voir les chevaux et l?endroit où sont préparées les mixtures pour les traitements. Violaine, quant à elle, s?est occupée de la partie vigne, chais et dégustation. Elle est très professionnelle et maîtrise très bien son sujet.
Comme l?écrit Corinne sur son blog «Yannik et François ont pu se rendre compte sur place de la globalité de la démarche entreprise par ce domaine. Comme tout le monde, ils retiendront évidemment les chevaux ; mais pas seulement. Les vignes équilibrées et respectées comme des êtres vivants, témoignent au visiteur qu?il y a une autre voie possible que celle de l?industrie viticole». Tout ça est bien vrai. Nous avons réalisé ces choses depuis longtemps et nous y croyons fortement. C?est à la dégustation que nous retrouvons tous ces efforts et risques des dernières années. Nous retrouvons dans les vins une pureté et une énergie qui se retrouvent seulement dans les nectars produits avec le plus grand respect de la vie.
En fait, ce qui m?a marqué le plus de Pauillac est l?état des lieux. Je suis reparti avec une grande tristesse. L?amateur de vin qui rêve de ces grands châteaux, s?attend à une région dynamique avec des passionnés plein les rue. Restos haut de gamme, bars à vin, etc... Une grande déception attend cet amateur. Pas de restos, pas de bars à vins, pas vraiment de vie. Le soucis est que toutes ces grandes maisons appartiennent à des compagnies d?assurances ou autres méga entreprises qui ramènent tout l?argent sur Paris. Rien n?est local. Pas même les oenologues et maîtres de chais qui, pour la plupart, n?habitent pas la région.
Autre constat: l?état du vignoble ! Les sols sont complètement brûlés par les produits chimiques, tellement qu?ils sont gris !!! Il n?y a même plus un petit ver de terre. Pas de labours ou de travail du sol, on est loin d?un début de bio. Autre constat alarmant: le taux de décès des vignes. Sur une parcelle d?une maison très prestigieuse, on pouvait voir qu?un pied sur 4 ou 5 avait été remplacé. Comme le soulignait Corinne, cette maladie du bois de vigne est un champignon. Normalement, les champignon s?attaquent au bois mort. Ceci signifie, selon elle, que la vigne n?est même plus capable de dire qu?elle est vivante ! À ce rythme, le vignoble de Pauillac et des environs aura, dans une quinzaine d?années, un tout autre visage.
Heureusement quelques domaines s?essaient au bio ou à la biodynamie. Ceux-là même qui riaient de Pontet-Canet il n?y pas si longtemps. Bon le font-ils pour redonner vie à leur terroir ou pour surfer sur la vague ? Dans un cas comme dans l?autre, si ça signifie que moins de produits chimiques seront utilisés, nous sommes tous gagnants.
En terminant, je tiens à remercier Corinne et Jean-Michel pour leur accueil exceptionnel. De cette escapade, je retiens une bouteille: LES SENS DU CHAMPS DES TREILLES 2007. Cuvée confidentielle du domaine composée de parts égales de petit-verdot et de merlot. Grande leçon d?humilité au milieu de ces grands crus aux prix stratosphériques. - RESTER HUMBLE ET APPRÉCIER CHAQUE INSTANT :
Il y a deux semaines, je revenais de ce voyage de vin exceptionnel. 10 jours à guider mes amis Véronique et Nicolas d?Importations Syl-Vins à travers la Bourgogne, le Beaujolais, le Rhône nord et Lyon. Quelle joie de revoir tout cela avec les yeux de personnes qui n?avaient jamais vu. Leur émerveillement valait le voyage. Nicolas en était à son premier voyage en Europe et c?était pour les deux le premier voyage dédié au vin. L?horaire était assez chargé ! Nous avons visité une douzaine de domaines en plus de participer à la Beaujoloise et la Biojolaise.
Rien de mieux que de fréquenter les vignerons et leurs familles pour comprendre leur vin. Quand on connaît leurs joies, leurs peines et leurs soucis, qu?ils soient financiers ou de santé ( souvent les deux sont reliés ), on ne le boit plus de la même façon. Quand on voit tout le travail et le risque qui se retrouve dans une bouteille de vin fait par un artisan vigneron, on se doit de respecter ce vin, après c?est une question de goût. Savoir tout ça nous force à nous défoncer encore plus pour vendre leur vin.
Le meilleur exemple de risque est cette photo prise le 9 avril à Morgon. La végétation avait 3 semaines d?avance. Pour nous c?était génial car la météo était exceptionnelle. Pour eux c?est le stress de voir le gel venir détruire une bonne partie de la future récolte !!! Si le gel ne se pointe pas, ce sera sûrement une belle année. Mais rien n?est assuré. Il reste la pluie, trop ou pas assez, le vent, la grêle... Chaque millésime apporte son lot de tracas. C?est pourquoi il faut aussi acheter les vins issus de millésime plus compliqués et pas seulement ceux jugés exceptionnels. Si vous voulez que vos vignerons préférés produisent des vins sur des millésimes exceptionnels, ils doivent vendre les vins des autres années aussi. N?est-ce pas ?
Le meilleur exemple est le Beaujolais. 2009 fut proclamé un millésime d?anthologie. Une très forte demande a suivi. Plusieurs producteurs ont commencé à les vendre alors qu?ils sont encore pris avec des stocks importants de 2008, jugés inférieurs. Que va t-il arriver quand les 2009 seront tous vendu ? Ils seront encore pris avec les 2008. Je ne blâme pas les producteurs, ils doivent manger. Nous sommes à blâmer ! Ce n?est pas parce qu?un millésime n?est pas acclamé par la presse qu?il est mauvais. Et ce n?est pas parce que ce n?est pas un grand millésime à Bordeaux que c?est la même chose dans le reste de la France.
Et maintenant, un cri du coeur. Chers vignerons aidez-vous. J?en ai assez d?entendre toutes ces histoires de jalousie et de guerre de clochers. Si vous saviez tout ce qu?on me raconte ! On se croirait dans une cour d?école en première année du primaire. Arrêtez de vous mettre des bâtons dans les roues. En nuisant à votre voisin, c?est à toute une région que vous nuisez, donc à vous-même ! Également, chers français, intéressez-vous au vin. C?est votre histoire, votre patrimoine. Je crois qu?il y a plus de passionnés de vin par habitant au Québec qu?en France.
Si vous saviez tout ce qu?il faut faire pour se procurer La Bouteille. Et quand on va vous visiter, on ne peut seulement qu?en rapporter deux !!! Vous, tout ce que vous avez à faire c?est de remplir la remorque. Votre vin de tous les jours que vous payez 7 à 10?, il est, pour nous, un vin de belles occasions car il nous coûte entre 19 et 25$. Bon, je me calme.
En terminant, si vous aimez un vin, je vous encourage fortement à prendre quelques minutes pour écrire au vigneron et le remercier. Ces quelques mots peuvent l?aider à se lever le matin pour aller tailler sous la pluie ou à labourer à 30°C.
Les photos de vignerons (nes): : 1- Les Vermorel du Domaine de la Fully à Brouilly 2-Natacha Chave, Aléofane, Tain L?Hermitage 3- Les Bodillard de Morgon 4-Les Bettoni des Eminades de Saint-Chinian 5-La famille d?Emmanuel Guillot à Cruzille en Mâconnais.
Sur ces photos apparaissent Véronique et Nicolas ainsi que Renaud Bodillard, notre taxi pour quelques jours.
Également tous ces gens nous ont gracieusement hébergés, gâtés, nourris et ils ont étanché notre soif de connaissance et de nectarsssss
MERCI !!!! - Visite chez Emmanuel Darnaud en Crozes-Hermitage :
Lors de notre voyage en France en avril, nous sommes arrêté chez Emmanuel Darnaud. Voici une petite entrevue vidéo. Nous avons fait un voyage magnifique. J?ai pris plein de photos et vidéos. Pas mal de matière pour les mois à venir. - Y?EN AURA PAS DE FACILES :
Le compte à rebours est commencé. Dans une semaine, départ pour une virée de 10 jours en Bourgogne, Bojo, et Rhône Nord. J?aurai le plaisir d?avoir deux compagnon de voyage, passionnés de vin, qui en seront à leur première visite dans cette partie de la France. J?ai hâte de leur faire découvrir ces régions qui me sont chères et que je connais, maintenant, assez bien. L?un de mes compagnon de voyage en sera à sa première visite en Europe. On va bien s?amuser !
Au menu, visite d?une douzaine de producteurs / amis et la visite des salons la Beaujoloise et la Biojolaise. Mes amis n?ont aucune idée dans quel piège ils vont tomber... Les lendemains de vieilles risque d?être brutaux. - PATIENCE :
La patience est une vertu que j?admire car je ne suis pas la personne la plus patiente. En fait, ça dépend des situations ou des domaines. Pour ce qui est du vin, je le suis. Malheureusement, la plupart des amateurs de vins ne le sont pas. C?est pourquoi, aujourd?hui, les vins sont faits et travaillés pour plaire immédiatement. Ce qui est bien dommage.
Malheureusement, cette situation fait que les vins vinifiés plus naturellement peuvent être plus difficiles à vendre. Les Bruyères du Domaine Terre Inconnue 2006 est le meilleur exemple. Quand je vendais cette bouteille, il y a deux ans, elle était TRÈS difficile d?approche. Vu que ce vin n?était pas ( ou presque pas ) protégé en soufre, il était tellement réduit que ça prenait 5 à 6 heures de carafe pour faire disparaitre les arômes de type animal, qui caractérisent la réduction. Ce vin, 100% carignan, est un produit d?artisanat qui n?a comme composante que du raisin. Il est vivant, donc il demande une approche différente des vins plus travaillés. La bonne nouvelle était que, une fois sorti de son sommeil, ce vin était magnifique. Je décidai donc d?en laisser dormir quelques-unes. Quelle bonne idée ! Maintenant ce vin ne demande qu?une petite demie-heure de carafe et il se boit super bien.
Le même phénomène s?applique aux grands millésimes. 2005 par exemple. Super facile à vendre parce que tout le monde en veut mais gros travail de suivi parce que les gens les boivent tout de suite et se plaignent que les vins ne se boivent pas bien. C?est un gros problème pour la restauration. Les restos n?ont pas les moyens de garder les bouteilles et les clients n?ont pas la patience d?attendre. Ils commandent le gros millésime en ayant des attentes tellement grandes qu?ils sont déçus car le vin aurait dû attendre encore 4 ou 5 ans. À l?opposé, les «petits millésimes» qui se boivent super bien en jeunesse mais que personne ne veut car ils sont moins prestigieux... Pourtant, ça en prend des petits millésimes pour attendre les grands, non ?
Au Québec, un obstacle majeur joue contre le vin. Les règles de vente de la SAQ. En importation privée, les agences ont 5 mois pour vendre le vin. Donc, nous vendons des bouteilles qui viennent de faire 3 mois de camion et de bateau. Idéalement, il faudrait les laisser se reposer un mois ou deux avant de les faire goûter.
Autre obstacle: les conditions de transport et de conservation. La semaine dernière, je me suis présenté à une succursale de la SAQ afin d?acheter quelques bouteilles d?Aragonite 2008 de Julien Guillot. J?étais très heureux de voir que la SAQ avait osé mettre en succursales un vin blanc qui n?était pas blindé au soufre. Quelle fût ma déception d?apprendre que ce produit était retiré des tablettes. La raison ? Une casse protéique qui rendait le vin invendable... visuellement !!! Le vin est trouble et présente un dépôt sous forme de filaments. Cette casse est sûrement dû au fait que le vin a eu un coup de chaud durant sa manutention ou son entreposage. J?en ai acheté quelques bouteilles présumant que le vin serait quand même bon. Il l?était !!!
Un autre exemple ? Allons-y. J?ai fait transférer deux bouteilles de Cornas de Mathieu Barret ( Domaine du Coulet ) de la SAQ Signature à celle de mon village. Ce vin est vinifié sans soufre et n?est presque pas protégé. À mon arrivée à la succursale, j?ai repéré le carton collé sur l?ordinateur reposant en plein soleil. Il était brûlant ! Arrivé à la maison, j?ai inspecté les bouteilles. Les niveaux étaient bas. J?ai enlevé les capsules pour m?apercevoir que le vin avait coulé par le bouchon ! J?ai retourné les bouteilles. La fonctionnaire / gérante de ma succursale ne comprenait pas ce que je lui disais à propos de soufre, de la chaleur, d?une deuxième fermentation... À sa décharge, connaître le vin ou l?alcool n?est pas un critère d?embauche.
La SAQ n?est pas prête pour ce genre de vin. C?est bien malheureux. Elle tente d?en introduire sur ses tablettes car il y a une demande. Cependant, elle traite ces bouteilles de la même façon que le Fuzion d?Argentine, qu?elle vend 9$ à plus de 2 millions d?exemplaires. Les employés s?y retrouvent à peine parmi les vins coca-cola, imaginez avec des vins comme ceux mentionnés plus haut ! Ces vins ne cadrent pas dans le système de pastilles de goût. Cet article du Journal de Québec explique tout.
Je vous laisse sur cette anecdote:
Ma femme va à la SAQ pour acheter une bouteille car elle prépare un repas pour mon anniversaire. Elle aborde une commis en lui demandant quel vin elle recommanderait avec un tartare de boeuf. La commis lui répond: quelle sera la cuisson ?
Patience...
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